Responsive image
Ecriture

L’été des adolescences

À demain Princesse

Mon cheval est mon ami, mon compagnon, mon confident,
Celui vers qui je vais, quand tout va mal et que plus personne ne m’écoute,
Celui qui me conduit dans la lande bretonne sans que jamais je ne doute,
Qu’il me ramènera aux « Ecuries du bout du Monde », fidèlement.


Lorsque le soir après une journée passée ensemble, je le conduis à l’écurie,
C’est en boitillant, oreilles dressées, larmes plein les yeux qu’il hennit,
Et au moment où je referme la porte de son box, délicatement, avec tristesse,
Je perçois qu’il me dit, dans son jargon de Cheval ; ″à demain, Princesse !!″


Pourquoi es-tu partie ?

Pourquoi es-tu partie sans venir nous dire au-revoir ?
Pourquoi es-tu partie sans nous parler de ton désespoir ?
Nous n’avons pas su voir la maladie qui te rongeait,
Nous n’avons pas su t’apporter le soutien qui te manquait.


Depuis, tu sais, les pinceaux du peintre sont au fond de l’abîme
Et le temps n’en finit pas de lutter contre leur inspiration ;
Depuis, tu sais, le stylo vide du poète ne veut plus faire de rimes,
Il a rejoint la boîte, au milieu de tous les autres crayons.


Depuis que leur petite fille est partie,
Loin, très loin, ils ne savent pas où,
Tous les matins, la Peintre et le Poète se lèvent et attendent meurtris
Que chaque minute d’un lendemain leur ramène ce sourire si doux.


Elle était partie, enveloppée par les brumes froides d’un hiver sans fin
Quand, tout à coup, au printemps, dans le soleil chaud d’un beau matin,
A la porte, on a toqué. C’était Mathilde qui avait décidé de rentrer.


Dame maladie l’avait longtemps gardée mais avait accepté de la libérer…


Alors, avec le ciel bleu, la Vie a retrouvé son cours normal ;
Avec le soleil et les fleurs, les oiseaux se sont remis à chanter.
En entendant leur chant, les pinceaux se sont remis à composer
Et, de virgule en virgule, le stylo ne peut plus s’arrêter.


C’est curieux cette Vie qui vous sort du grand trou noir
Dans lequel elle vous a plongé, rongé de désespoir,
Et soudain, vous autorise à nouveau à être heureux
En rendant celui qui vous manquait…l’un d’entre eux.



Promesses de talent

Gabriel est très exactement à la peinture,
Ce que Guy de Maupassant était à l’écriture ;
Très jeune de sa main gauche, il s’y est exercé,
Pour plus tard, d’une main sure y exceller.



Quand je serai grand…

Quand je serai grand, je serai "chemin de fer"
Disait le petit garçon, à sa grand- mère
Qui, tous les jours, l’amenait se promener
Là, où l’on pouvait voir passer les TGV.


Mais "chemin de fer", ce n’est pas un métier
Répondit la grand-mère à son petit Martin
Qui à chaque fois qu’il apercevait un train
Agitait avec ardeur et joie son canotier.


Alors, si je ne peux pas être "chemin de fer",
Je serai conducteur de TGV, dit-il très assuré
Comme ça, tu pourras aller loin te promener
Ou faire, à grande vitesse le tour de la terre.


Et tous les jours, Martin alla voir les TGV
Qui, par sa grand-mère accompagné
Lui permettaient de rêver à de lointaines contrées
Qu’il ne vit jamais, car la ligne fut supprimée.



Les fiançailles

Assas, Assas, mais qui est donc cette jeune fille aux cheveux bouclés blonds
Qui, deux rangs devant moi, déballe tous les matins, papiers et crayons ?
Benjamin, Benjamin, si tu veux l’aborder pour motif de séduction,
Je te conseille de le faire avec infiniment, infiniment de précaution ….


"Elle vient de Dijon !!"


Montereau, Montereau, pourquoi cherches-tu à m’éloigner de ma "petite Marie"
En me faisant croire que ma nouvelle compagne pourrait être la PJ ?
La semaine est bien longue et je vais rentrer rapidement à Gergovie
Pour Marie, Marie, en m’exaltant, te parler du Père Mareschi ….


"Patientons, mon Chéri !!"


Venise, Venise, que tes gondoles sont propices à se déclarer !
Marie, Marie, voudrais-tu bien m’épouser, moi, ton Policier ?
Benjamin, Benjamin, foi de Juge, voilà une décision pleine de difficultés,
Et raisonnablement, au préalable, je crois qu’il faut nous fiancer ….


"Oui, ma Bien Aimée !!"