Rêverie
Rêverie

Rêverie


Seul, seul, face à cette immense mer

Qui emmène mes rêves au loin,

Seul, seul, sur ce quai de misère,

J’attends un bateau qui accostera…Demain.


Portraits - Pudeur
Portraits - Pudeur

Pudeur

 

Suis-je encore jeune fille ou déjà grande dame ?
Lorsque le matin, mal éveillée et très évanescente,
Je m’interroge sur ces discrètes formes naissantes
Qui me chagrinent et m’empêchent d’être femme !


Portraits - A la conquête de sa Mère
Portraits - A la conquête de sa Mère

A la conquête de sa mère

 

Sur cette plage immense d’où les flots s’étaient retirés,
Elle leur donnait la main, à tous les deux, sans préférence.
Et puis, le temps a passé :
    - Et pour l’un d’eux s’est installée la différence,
    - Tandis que l’autre ne cessait d’être admiré.

Et puis, le temps a passé :
    - Et dans la Vie, la vraie Vie, les deux frères sont rentrés.
    - Le Père ordonnait au petit blond" Fais comme ton Frère !"
    - le Frère, devenu grand, était toujours vanté par la Mère
    - Et le frère du Frère devenu grand, toujours ignoré.

Ignoré, ignoré au point que les deux frères se sont fâchés.
    - Fâchés au point qu’ils ne voulaient plus se rencontrer,
    - Jusqu’au jour où ils ont été forcés ; leur Mère était décédée.
    - Le vieux brun, très surpris de ne pas être le seul à l’aimer
    - regardait le vieux blond qui se donnait le droit de pleurer.

Et puis le temps a passé :
    - Et le brun et le blond n’ont jamais pu se réconcilier.
    - Le blond pensait qu’à la conquête de sa Mère, il avait échoué
    - Et le brun regrettait de ne plus pouvoir être adulé
    - Par  cette Mère qui, n’avait pas su se partager.


Paysages - Quand je serai grand...
Paysages - Quand je serai grand...

Quand je serai grand…

Quand je serai grand, je serai chemin de fer

Disait le petit garçon, à sa grand- mère

Qui, affectueusement, l’amenait se promener

Là, où l’on pouvait voir passer les TGV.


Mais chemin de fer, ce n’est pas un métier

Répondit la grand-mère à son petit Martin

Qui à chaque fois qu’il apercevait un train

Agitait avec ardeur et joie son canotier.


Alors, si je ne peux pas être chemin de fer,

Je serai conducteur de TGV, dit-il très assuré

Comme ça, tu pourras aller loin te promener

Ou faire, à grande vitesse le tour de la terre.


Et tous les jours, Martin voulut voir les TGV

Qui, main dans la main avec sa grand-mère

Lui permettaient de rêver à de lointaines contrées

Qu’il ne vit jamais, car la ligne fut supprimée.


Paysages - Main dans la main
Paysages - Main dans la main

Main dans la main

Quatre vingts ans, déjà, que nous vivons toi et moi,
Trente ans déjà, que nos trois enfants ont leur chez soi,
Six petites filles et quatre petits garçons, ils nous ont déjà donné,
Et pas sûr que leurs derniers mots, ils aient vraiment prononcé….

 

Quatre vingts ans, déjà, que nous vivons toi et moi,

Soixante ans déjà, que nous nous aimons toi et moi,
Dieu fasse que dans dix ans, nous soyons toujours en émoi,
Pour fêter nos quatre vingt dix ans dans la joie.


Marines - Bréhat, un jardin sur une île
Marines - Bréhat, un jardin sur une île

Souvenirs d’un jardin sur une île

 

La première fois, ce fut par un temps merveilleux ;
La deuxième fois, c’était sous un soleil radieux,
Que de Saint Brieuc, après un embarquement facile,
Nous avions pu découvrir ce jardin sur une île.

Bruyère et marjolaine se disputaient les couleurs,
Laissant aux troènes la responsabilité des odeurs.
Sur un chemin de mousse, nous nous étions égayés,
Pour finalement regarder la rentrée des chalutiers.

Sautant de rocher en rocher, nous étions descendus sur la grève
Où malgré le bruit des vagues et la remontée des flots,
Nous avions passé, blottis l’un contre l’autre, une nuit de rêve
Avant que d’être réveillés par les rayons d’un doux soleil chaud …

Bréhat, île au très beau jardin propice à l’amour
Tu offres à ceux qui veulent découvrir tes contours
Des  souvenirs d’abandon et de rêverie vivaces
Que pas même le retour sur le continent n’efface.


Marines - Goémonier sur la côte sauvage
Marines - Goémonier sur la côte sauvage

Goémonier sur la côte sauvage

 

Deo Juvante, ici Deo Juvante, "en pêche et beau temps!"
Vieille carcasse usée par la houle et la force des vents,
Je vais virer de bord pour alléger ma ligne de flottaison,
Maintenant que mon ventre goulu est rempli de goémon.


Exotisme - la pause
Exotisme - la pause

La pause

Après une journée harassante passée dans le désert,
À lutter contre le sable, les vents et la poussière,
Je reviens au bivouac pour y faire une pause,
et retrouver mes frères nomades qui déjà se reposent.

Qui de nous trois, va allumer le brasero ?,
Entretenir le feu et faire chauffer la bassine d’eau,
Cette eau qui coule et valse le soir dans nos têtes,
Sans qu’aucune autre pensée ou désir ne l’arrête.

À la tombée de la nuit, nous entamerons un chant,
Un chant que nous avons appris de nos parents,
Cette mélodie que connaissent tous les valeureux Berbères
Qui toute la journée, parcourent les pistes à dos de dromadaire.


Exotisme - Libre
Exotisme - Libre

Libre

Les montagnes sont sa liberté, sa réalité.
Elle est si légère qu’elle s’envolerait,
Elle est si libre qu’elle en danserait,
Toute habillée de vert face à cette immensité.


Exotisme - Jeux de sable
Exotisme - Jeux de sable

Jeux de sable
 
Les anciens m’ont certifié que je trouverai richesse dans le sable,
Mais pour moi, le sable n’est que grains et poussière.
Le vent s’acharne à le faire tourbillonner d’avant en arrière,
Sans que jamais aucun trésor ne soit dans mes mains, palpable.


Exotisme - Le vaisseau du désert
Exotisme - Le vaisseau du désert

Le vaisseau du désert
 
Dans ma famille des chameaux à deux bosses,
Les jaloux me surnomment « le vaisseau du désert ».
Certains disent même que j’ai le souffle à la hausse !
Et, pourquoi, ne m’appellent-ils pas le « dromadaire » ?


Exotisme - Le porteur d'eau
Exotisme - Le porteur d'eau

Le porteur d’eau

Quand elle n’est pas là, l’eau coule dans nos têtes,
Quand elle est là, l’eau valse dans nos têtes,
Source de vie et de richesse, je te transporte avec précaution.
Ce soir, sous la tente, mes frères te boiront avec délectation.